Lettre de Ti'n Akoff
Les 16 et 17 septembre 2006, une trentaine d'amis, adhérents de l'association se sont retrouvés à Pamiers, en Ariège, pour l'assemblée générale et pour fêter les 20 ans de cheminement en commun avec Jacqueline et Roger Cousin.
Lettre de Jacqueline et Roger Cousin
Merci chers amis qui êtes venus parfois de loin, pour cette spéciale A G de Solidarité TI'N Akoff. Merci aux absents fidèles, qui n'ont pas pu se déplacer. Merci à notre Père Évêque, Mgr Marcel Perrier, qui nous accueille si chaleureusement. C'est que cette AG n'est pas ordinaire. Pour beaucoup de nos adhérents, c'est une longue histoire de 20 ans de cheminement avec nous, à Ti'n Akoff d'abord, ensuite Manoro. Aujourd'hui , Koudougou et Kaubri sont les lieux qui nous appellent. Vous le savez Travailler au développement a souvent signifié promouvoir un type de société analogue au nôtre, non sans dommage pour les plus faibles et les plus pauvres, comme chez nous. Mais dans l'ensemble de la population burkinabé, c'est 85 % qui sont analphabètes et pauvres. Et là pour ceux là, pas de couverture sociale, pas d'allocations chômage, maternité, logement.
Les salaires, pour ceux qui ont un emploi, sont très bas, si bas qu'ils n'assurent pas la subsistance de la famille; incitation au |débrouillage" ! Pour les diplômés, la tentation est grande de venir tenter sa chance en occident. On peut appeler ça |fuite des cerveaux" ou |immigration choisie"; Pour les pays pauvres, c'est un terrible handicap.
Ceci pour vous dire que les grands projets, qui nécessitent de gros financements à trouver ici et là-bas, des têtes pleines et organisées selon nos critères, ce n'est pas pour nous. Nous avons toujours travaillé avec des analphabètes - qui se révèlent parfois gens de grand savoir !
A Ti'n Akoff, les fonctionnaires responsables nous avaient demandés de les aider auprès d'une population composite (majoritairement bellah, touareg, peulh, songhaï, gourmantché) essentielleme musulmane, qu'une décision gouvernementale avait récemment libérée de l'esclavage, les faisant ainsi passer brutalelement de leurs habitudes d'éleveurs semi-nomades vivant entribus où tout se partage, sauf les responsabilités et les décisions, à un mode de vie sédentaire où chacun doit se suffire. Et comment faire, quand cultiver , construire, amènager, organiser sont étrangers à sa conception et son expérience du monde?
En partageant leur vie et en partageant ceux de nos savoirs que nous jugions utiles dans la situation et avec votre aide et celle d'associations amies ( Solidarité Tiers monde Montpellier et les AMIS Thiais) et des financements trouvés au Burkina auprès d'ONG (notamment Save the Children et Catwel où à plusieurs reprises Ti'n Akoff a bénénficié de sommes qui n'avaient jamais fait l'objet de demandes) des aménagements ont été mis sur pied.
- Distribution d'eau potable à l'école, au dispensaire
(Matériel= charrette à âne, tuyaux & fûts)
- Organisation du travail des artisans et commercialisation au Burkina et en France
(Artisans du monde)
- Jardins, légumes cultivés en biologie, consommés à la cantine scolaire, ce sont les enfants qui ont introduit les légumes dans les foyers qui auparavant se moquaient des mangeurs d'herbe (comme vous savez nous sommes végétariens)
- Cultures : par suite de sécheresse et du changement climatique, les semences de mil habituelles n'étaient plus adaptées. Il suffit d'importer celles du Niger où ce type de climat existe depuis la nuit des temps pour régler ce problème.
- Construction d'une cantine scolaire, d'une banque de céréales , d'une maison de l'artisan (stockage outils et matériaux, magasin de ventes) et d'une maison d'accueil.
Autres activités :
- Au dispensaire, nous avons pu alimenter grâce aux dons généreux de médicaments de l'Ordre de Malte.
- Quelques femmes ont été formées au travail du coton (filage et tissage de couvertures).